27. avr., 2017

Titres du magazine Philosophie entrevus dans la rue au soleil, kiosque du square des Batignolles

"Les anti-lumières sont de retour. Ils méprisent le progrès, ils ne croient pas à la démocratie". Ces titres provocateurs se parent des apparences de la raison. Qui peut avoir l'audace de maudire et de refuser la lumière, le progrès, la démocratie ? Je soutiens toutefois une thèse toute différente, qu'il faudrait, si les livres n'étaient déjà si nombreux, éclairer et expliquer par le menu, de a à z, en mille pages. Qui peut être hostile à la lumière, qui oserait maudire le soleil ?  Mais à chaque âge sa lumière, sa nouvelle lumière. C'est précisément parce que le progrès et la démocratie se sont déconsidérés, et se déconsidèrent à une allure accélérée, qu'un nouvel âge des lumières doit apparaître, va apparaître ; ou plutôt, plus exactement, une nouvelle élucidation de ce qui lie obscurantisme et lumière, connaissance et ignorance. Cet éclaircissement n'est pas à inventer de toutes pièces, il est à redécouvrir et à divulguer, à répandre largement autant que possible. Il n'est pas à craindre, hélas ou par bonheur, qu'il se popularise, parce que cette philosophie des relations entre le jour et la nuit, entre le soleil et le noir est trop ardue et trop exigeante pour être jamais populaire, elle a toujours été réservée à une élite, mais cette dernière, grâce à la "démocratie", pourrait être moins restreinte qu'autrefois, il n'y a à cela aucun inconvénient, tout au contraire. Si un salut est possible pour l'humanité, du moins une voie ouverte en direction d'un moindre mal, c'est dans cette "élitisation" s'il était permis de forger ce mot, ou élixation (plaisir, art joyeux de produire un élixir), ou sublimation, c'est-à-dire cette spiritualisation, noblesse du coeur, de l'âme, de l'esprit, non du sang, du rang, de la terre, des biens matériels, Là comme sur presque tout, l'Orient, en général,  est en avance sur l'Occident, étant plus ancien, plus expérimenté que lui. Car qui a prêché, qui prêche la valeur absolue de la matérialisation des désirs et la supériorité unique et insurpassable de la vie terrestre ? Qui en tous cas s'est précipité si témérairement dans ces excès, aboutissant à la dégénérescence du christianisme, des arts, de sa propre culture -- enfouie, enterrée dans la muséologie -- ,  et surtout maintenant à ce sentiment d'angoisse, de terrible impasse où que l'on se tourne, pire encore d'abandon, d'impuissance et au fond d'abdication et d'indifférence face aux fatalités les plus noires ?

L'Evangile universel existe, il est le fruit de tous les esprits unis et réunis par ce qu'ils ont de meilleur ; c'est la fine pointe des religions et des philosophies en ce qu'elles partagent, possèdent de meilleur, et au travers des pires souffrance et des plus vains et plus désespérants détours, cet Evangile universel, cette véritable Bonne Nouvelle universelle continue à germer et à fleurir sous des formes surprenantes et sans cesse métamorphosées, ainsi qu'il en a toujours été depuis la nuit des temps.