24. mars, 2017

Cette terrible terre

Par caractère et par principe, je suis opposé et comme allergique à toute violence, même la plus infime, en toutes circonstances. Hélas, l'état de violence est inscrit dans la nature des choses de cette terre. Tout nous le rappelle. Les séismes, les volcans nous le rappellent, la terre est vivante, la terre bouge, la terre est brûlante. Pourquoi, par quelle fatalité l'homme, enfant de cette terre, fruit de l'esprit absolu, roi présumé de la création, doit-il y ajouter ?  De tous temps et sous toute latitude, le message des grands éducateurs, du Christ, du Bouddha, de l'Un  des philosophes, des saints, des sages, des âmes tendres et douces, des hautes âmes, et finalement de l'homme ordinaire, paisible de nature, rêvant de la tendresse enfantine que sa mère, même dans la pire des familles, aura récompensé au moins une fois par un sourire, est un message de non-violence.  Et pourtant, tout observateur voit cette terre glisser lentement vers l'abîme. Les rapports se tendent, comme si les réseaux sociaux resserrés, ce système nerveux de la planète, la noosphère, que Teilhard de Chardin  pressentait,  appelait de ses vœux, contre toute attente, portait malheur à la petite planète bleue et trahissait ses fins. En apparence, personne n'a de solution ; beaucoup se résignent et abdiquent. Les enfants, les adolescents tragiquement, et toutes les personnes éveillées et conscientes voient et sentent que les adultes dans leur ensemble, les cadres, les personnes responsables, les intellectuels, tous sont pris de court. L'Organisation des "nations unies" a suivi le triste chemin de la Société des nations qui la précédait.

 Et pourtant, bien qu'assez grave, la situation n'est pas désespérée. Et d'ailleurs la désespérance, l'abandon de l'espérance est le pire du pire, avec le cynisme vil et l'ironie effrontée, excessive et systématique. Ne jamais  désespérer de son désespoir ! -- conseillait Romain Rolland. Perdre l'espoir, c'est tout perdre, c'est, plus que la perte de l'argent et l'honneur, la perte totale, remarquait Goethe. Les forces du cœur et les forces de l'esprit sont incommensurables, insondables. Les pouvoirs du coeur et les pouvoirs de l'esprit sont immenses. Une seule onde psychique favorable sauve le monde et le transforme. Il suffit d'une seconde, et tout être vivant peut le faire. Même un animal tant soit peu noble ou une fleur qui s'ouvre et s'épanouit, à chaque seconde, de par sa seule existence, sauve et transforme ce monde. Que dire de la prière des anges ...