25. janv., 2017

L'ethno-psychologie est la clef absolue de notre temps.

Ainsi ai-je écrit hier, en anglais, sur le site www.researchgate.net

Sans illusions. Mais conforme à mes expériences incessantes dans les rues de Paris. Sur les trottoirs, dans les transports. Que ressent un homme japonais à Paris ? Peu s'y aventurent, peu y demeurent, s'entêtent à y vivre.  C'est pour lui le désert. Le repli sur la communauté est inévitable. Le ghetto est le seul refuge. Le face à face prolongé est irréalisable. Seule la projection de biais est possible. J'ai analysé ce phénomène dans Le sphinx du retour et plus d'un article. Je le vis moi-même. Après des années et des années, j'y suis accoutumé, j'y suis à l'aise, ou presque. C'est intransmissible et inexplicable. On est voué à ce destin ou pas. C'est de l'ordre de l'inconcevable ; du fantastique. Une réalité inimaginable. L'énigme du bio-psychologique. Ou du bio-culturel. Avec toutes ses variantes infinies : le puzzle de la carte du monde.

J'admets que même cette sensation est de l'idéalisme. Parce que l'argent, les biens, les soucis matériels, les inégalités matérielles, les nécessités pressantes sont autrement en avant. Mais au fin fond, ce ne sont pas les morceaux de terre que l'on se dispute qui importent le plus ; pas la démarcation des frontières ; pas les lignes géographiques, les limites terrestres. Et ce sphinx, les religions existantes l'ont à peine effleuré. Et même les philosophies. Qui oserait m'accuser de racisme ? qui voudrait pourfendre en moi un goût pour la haine, un penchant pour la violence, se déconsidérerait ; ce serait risible. J'ai sincèrement et longtemps cherché à intégrer en moi tous les types humains. Et surtout les plus opposés qui soient , car au sein de l'Europe, d'un seul continent, ce n'est rien encore.

Le thème des cours du père Huang, à l'Ecole, était le suivant : "Les différences fondamentales entre les civilisations orientales et occidentales", chez Li Dazho, chez Chen Duxiu, Yan Fu ... thème récurrent en Chine, au moment de la révolution du 4 mai 1919, au moment du traité de Versailles.  Révolution culturelle déjà. C'est ce qui m'a mis sur la piste ... j'avais vingt ans, je suis resté sur ce chemin : orient et occident ; je suis fidèle au père Huang. François-Xavier Huang. Huang Jia-cheng : ainsi a-t-il fondé une école, une famille d'esprits = "cheng jia".  Je ne parsème pas mes écrits de caractères chinois pour ne pas effrayer. La force de la langue chinoise, la force de la langue arabe ... qui y pense ?  Inimaginable. Et la force de la langue anglaise que j'ai découverte à Tokyo. Le Japon m'a poussé, propulsé vers l'anglais. Que représente la langue française à Tokyo ? un royaume de petits spécialistes, deux minuscules librairies. Une situation presque ridicule. Pourtant comme j'ai aimé, vénéré la langue française dans mon enfance ... mes journaux intimes en font foi, dès Mâcon, dès Nancy. La liste des mots rares. Leur goût, leur saveur, leur senteur, leur odeur, leur parfum. Ce sur quoi s'interroge, s'émerveille Proust, se moquant gentiment de Françoise, aux premières pages Du côté de Guermantes, que je relis le soir... Elle parle comme La Bruyère ...  Les "cuirs" du français, du gaulois, du celte, du bas latin, du grec et de l'hébreu. Le grand mélange ...