17. janv., 2017

Rien n'ira jamais mieux dans les affaires des hommes

Rien ne va jamais mieux, rien n'ira jamais mieux dans les affaires des hommes ; telle est la loi des mondes. A peine parvenue au quart d'un siècle tout neuf, l'humanité se trouve retransportée cent ans en arrière : 1914-1918. Impossibilité de l'internationalisme. Impasse de la crise de l'argent et des marchandises ? Chacun pour soi, entre soi, pour jouir des biens matériels, des richesses qui, en dépit des machines, de la croissance, de la vitesse - ou à cause d'elles -  sont rares, restent rares. Haine de la beauté, haine de la pureté. Haine ou peur de l'immatériel. 

Mon ami Gérard Condé, musicologue et compositeur, m'envoie un exemplaire de La religion de la musique de Camille Mauclair. Septième édition - 1913. Ce livre humble, pauvre, mal relié, mal fabriqué, à la couverture jaune, que j'avais retiré des étagères de la bibliothèque à Mâcon, avec Qu'est-ce que l'art de Tolstoï, le même jour. J'insultais l'un au crayon dans les marges (ce volume doit exister quelque part, il n'a pu disparaître), parce qu'il insultait Beethoven ; j'idôlatrais l'autre. Je le tiens dans mes mains, exactement le même, jaune clair, un demi-siècle plus tard.

Une question me taraudait dimanche. Est-ce qu'un Christ (ou un Bouddha) revenu aimerait cet orgue tonitruant, tout-puissant, et cette musique moderne d'enfer, et ces cathédrales de pierres ?