12. janv., 2017

Sur la fraternisation universelle (suite)

Nous sommes au moment où chaque culture tend à revenir à ses racines singulières aux dépens de tout universalisme. Ce dernier pourtant n'est pas introuvable dans chaque cas particulier, il y est plus ou moins contenu, ou caché : c'est très évident pour le yoga aux Indes ; et même pour le shintoïsme au Japon, ou le culte des ancêtres divins et mythiques en Chine.  Quant au christianisme et à l'Islam, ou au bouddhisme, sous des formes très diverses, leur vocation universelle va de soi. Or, au lieu de se coordonner entre elles, bien loin de se fondre, ces religions ont tendance à rivaliser plus que jamais. La compétition, le conflit.Tout sauf la convergence

A quoi tient le désarroi mondial ? il tient à l'absence d'un facteur d'intégration qui a existé autrefois mais a disparu avec l'échec, non seulement du communisme, mais de l'espoir fou, curieusement déraisonnable, de la "fin des idéologies" et des "ismes" : la conversion unanime aux vertus supposées de la consommation, du progrès matériel, et de l'hyper-démocratie.

Les réseaux sociaux, à l'inverse de ce qui était attendu d'eux, jouent un rôle non pas d'intégration, mais de désintégration, d'émiettement. 

Pour créer enfin une nouvelle religion ou une nouvelle philosophie qui intègre à un niveau supérieur l'humanité entière, il est tard ;  il faudra un temps infiniment long. 

D'ailleurs, toutes les vérités possibles ont déjà été exprimées Ce qui manque, c'est de les adapter, ou ressusciter à l'instant présent.

Quelle espérance demeure ? -- la chevalerie de l'invisible. Ce que chaque personne pourra toujours accomplir dans chaque situation, en chaque circonstance, sur la scène présente, dans le théâtre qui lui est donné : un regard, un sourire, une respiration, un geste, une pensée favorable, une onde psychique positive et utile. Comme une libre religion, une libre franc-maçonnerie. Patience et philosophie.